ANDRÉ FORTINO

...................................................

Mail / CV
...................................................

Actualités
...................................................

.................................................
© 2012 - André Fortino
Conçu par alouette sans tête

par Yann Perol André Fortino par le biais de différents médiums, allant de la peinture à la performance, de la vidéo à l’installation, nous offre un univers absurde et étrange, dominé par l’omniprésence du corps, le sien. Même si l’artiste se dédouble à l’envi par le biais du masque, dans ses vidéos et performances, il se confronte à des lieux et des objets qui sont autant de prétextes à la création de mise en scènes. Il s’agit d’opportunités pour faire naitre une gestuelle particulière, une déambulation chaotique mais rythmée par l’effort physique (il met à l’épreuve sa résistance corporelle, réminiscence de son passé de sportif). En une sorte de rituel, le personnage mi homme mi animal fait l’expérience de son environnement : un hôpital désaffecté, les rues de Marseille en pleine nuit, un lieu d’exposition. L’homme-cochon (ainsi appelé par l’artiste) expérimente et s’approprie lieux et personnes qui s’y trouvent, non sans humour mais laissant transparaître une tension entre lui et nous/eux, tension liée à la propre concentration de l’artiste s’abandonnant dans sa performance. Il y a de la dérision aussi dans les travaux d’André Fortino, il détourne le statut de l’artiste pour s’en moquer et rire de lui-même mais surtout de l’Art en général et de ses travers. Ainsi dans ses dernières peintures il s’enferme dans l’espace de la galerie et se met à peindre des personnages grotesques construits à partir de collage absurde, la série s’intitulera «térébenthisme». En une sorte de challenge, André Fortino peint jusqu’à la date du vernissage et n’offre aux regardeurs que le résultat périlleux de cette expérience. Ou encore dans la série des photographies 1% inside il se confronte aux commandes publiques en un rapport de force comique : lui face aux oeuvres monumentale, le pantalon baissé, tenant une série d’objets en contractant les fesses. Quant aux installations coréalisées avec Thomas Jeames pour certaines, l’artiste collecte des éléments de son quotidien, (nourriture, déchets, objets trouvés ...) qu’il assemble en une sorte de maquette éphémère, les éléments utilisés s’altérant avec le temps. Ces installations font penser à des villes qui seraient imaginées et réalisées par un enfant, chargeant ainsi les différents matériaux de toute la puissance de l’imaginaire. André Fortino par tous ces décalages nous surprend, tel un intrus il fait basculer le monde auquel il se confronte mais au-delà de l’incongruité des scènes et images créées, la poésie affleure et nous livre la véritable nature généreuse de l’artiste.